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LE SITE D'HENRI GOLDMAN

POUR UNE GAUCHE VERTE DANS UNE VILLE COSMOPOLITE


 

10 | Bruxelles : le pont qu'il faut construire

21 MAI 2019

 

Construire des ponts : dans un monde oĂą la compĂ©tition de tou·te·s contre tou·te·s est Ă©rigĂ©e en vertu universelle, c’est un antidote indispensable.
Et Ă  Bruxelles plus qu’ailleurs encore. Le « peuple de Bruxelles Â», si riche de sa diversitĂ©, est encore Ă  construire, tant il est coupĂ© en deux par une fracture sociale qui est aussi environnementale et ethnoculturelle. Si cette fracture devait ne pas se combler, c’est l’explosion qui nous guette. Cette fracture est imprimĂ©e dans le territoire bruxellois, jusqu’à la caricature. Dans les lignes qui suivent, je vais en rajouter une couche. 
Au nord et l’ouest vivent « les pauvres Â». Leurs quartiers sont les plus denses, leurs espaces verts les plus chiches, leurs logements les plus dĂ©gradĂ©s. Leurs habitant·e·s y sont très souvent issu·e·s de l’immigration populaire et de culture musulmane. Le taux de chĂ´mage est important, notamment Ă  cause de la discrimination Ă  l’embauche qui frappe les trop basané·e·s et les trop foulardĂ©es. Cette population fragile vote surtout socialiste, parce que le PS a su s’y rendre indispensable comme dĂ©fenseur attitrĂ© des classes dominĂ©es sans pour autant veiller Ă  leur Ă©mancipation et au respect de leur dignitĂ©. Le clientĂ©lisme et le racolage ethnique ne sont jamais exempts de mĂ©pris.
Au sud et Ă  l’est vivent « les riches Â», dans des quartiers aĂ©rĂ©s et des logements proprets, aux loyers suffisamment Ă©levĂ©s pour que la populace des bas quartiers ne puisse s’y installer. Ici, les Ă©trangers sont des « expats Â» blancs bien propres sur eux et qui ne risquent pas de troubler l’entre-soi des autochtones. On y vote surtout MR, ce parti qui leur explique qu’on a bien raison de s’accrocher Ă  ses privilèges, ceux de la fortune, de l’hĂ©ritage et de la naissance. Quant Ă  la solidaritĂ©, il en faut mais pas trop.
Mais cette image d’Épinal est en train de changer à toute vitesse.
« Les pauvres Â» :  ils et elles sont maintenant ici depuis trois gĂ©nĂ©rations. Ils et elles parlent nos langues aussi bien que quiconque. Ils et elles ont fait des Ă©tudes et disposent d’un capital culturel qu’ils et elles souhaitent investir dans la sociĂ©tĂ© globale. Ils et elles ne se sentent plus condamné·e·s Ă  vivre confiné·e·s dans une bulle communautaire pour se protĂ©ger. Mais ils et elles

n’ont pas besoin de renier leur culture et leur religion pour se faire une place au soleil. Question de dignité. Même quand on est en train de réussir son ascension sociale, le souvenir de la misère et de l’exil des parents ou des grands-parents fait partie de l’héritage. On n’oublie pas d’où on vient et on n'oublie pas les siens.
« Les riches Â» : les familles qui en avaient les moyens ont quittĂ© cette ville vĂ©cue comme dangereuse pour Lasne et Waterloo. Mais la crise sociale a frappĂ© durement les classes moyennes en transformant les jeunes urbains diplĂ´mĂ©s en intellectuels prĂ©caires. Leurs anciens privilèges ont volĂ© en Ă©clat et ils n’aspirent plus Ă  les reconstituer. S’ajoute Ă  ce dĂ©classement social le goĂ»t de l’expĂ©rimentation. Le monde change. La ville est pleine d’opportunitĂ©s. Pour ces jeunes, croiser un Afro-descendant dans la rue ou une dame en foulard et Ă©changer un sourire est la chose la plus naturelle qui soit. Elle fait mĂŞme fait partie du bonheur de vivre ici.
De la rencontre de ces deux groupes dĂ©pendra l’avenir du « peuple de Bruxelles Â». Cette rencontre s’opèrera dans l’esprit de la belle devise du Centre bruxellois d’action interculturelle : « Unir sans confondre, distinguer sans sĂ©parer Â».
J’ai beau chercher dans l’offre politique, je ne vois que celle d’Ecolo/Groen pour préfigurer cet avenir.
 



9 | Mon podium

12 MAI 2019

 

Mon podium sera intĂ©gralement de gauche. Selon le sens commun, on classe gĂ©nĂ©ralement le PS, le PTB et Ecolo dans la gauche. Mon sentiment est qu’on ne sortira pas d’un capitalisme mortifère si les trĂ©sors de gĂ©nĂ©rositĂ© qui gisent auprès des militants de ces trois partis ne trouvent pas un jour le moyen de s’additionner. Mais pour y arriver, il faudra que cet espace politique se reconfigure largement. Ça commence dĂ©jĂ . 
Je place le PS sur la marche la plus basse. Les rĂ©els mĂ©rites historiques du PS sont un souvenir de plus en plus lointain. La social-dĂ©mocratie est en chute libre presque partout en Europe. En Belgique, le PS a su limiter les dĂ©gâts. Mais, du fait de sa trop longue occupation du pouvoir, il s’est hĂ©las transformĂ© en une machine clientĂ©liste qui a loti l’appareil d’État et oĂą on fait carrière. Publifin et le Samusocial ne sont pas tombĂ©s du ciel. Il est temps de le ramener Ă  des proportions plus modestes et de mettre fin Ă  son hĂ©gĂ©monie sur la gauche. Je lui en veux aussi pour son incapacitĂ© Ă  surmonter le système tribal belgo-belge (« la dĂ©fense des francophones » dont il se rĂ©clame parfois m’horripile) et pour son hypocrisie dans la question du foulard des femmes musulmanes qu’il drague lourdement pendant la campagne Ă©lectorale tout en leur fermant les portes de l’emploi et de la formation. 

Je mets le PTB sur la deuxième marche. Je suis impressionnĂ© par l’activisme qu’il dĂ©ploie depuis des annĂ©es et par sa capacitĂ© Ă  mettre Ă  l’agenda quelques points importants de programme : fiscalitĂ©, santĂ©, logement, antiracisme… Sa conversion climatique me semble mieux digĂ©rĂ©e que celle du PS. Mon principal dĂ©saccord avec lui, mais il est de taille, concerne la question dĂ©mocratique. Comment faire Ă©voluer la sociĂ©tĂ© quand on se sait durablement minoritaire ? Comment faire rimer convergence et concurrence ? Le PTB ne rĂ©pond pas Ă  la question. Il y a Ă  cela des raisons thĂ©oriques – le pluralisme politique est absent de son « socialisme 2.0 » qui flirte encore avec la notion de « parti dirigeant » – et des raisons de circonstance parfois timidement avouĂ©es : le PTB est toujours en phase de construction et n’a pas suffisamment de cadres pour mener simultanĂ©ment Ă  bien une expĂ©rience de participation au pouvoir, la consolidation de son organisation qui recrute Ă  tour de bras et la fidĂ©lisation d’un Ă©lectorat volatile qui, en partie, pourrait aussi bien se reporter sur l’extrĂŞme droite s’il y avait une offre consistante de ce cĂ´tĂ©. Bref, le PTB « n’est pas prĂŞt ». C’est honorable, mais c’est maintenant que ça se joue.
Mon choix de mettre aujourd’hui Ecolo en haut du podium est, bien sĂ»r, un choix de fond. C’est tout de mĂŞme l’écologie politique qui a pointĂ© avant tout le monde l’urgence climatique et l’environnement comme nouveau terrain des inĂ©galitĂ©s sociales. C’est elle qui, Ă  mes yeux, exprime le mieux toute la crĂ©ativitĂ© d’une sociĂ©tĂ© civile non marchande oĂą s’expĂ©rimente un au-delĂ  du capitalisme. Mais c’est aussi un choix de circonstance : nous vivons en ce moment, en Wallonie mais encore plus Ă  Bruxelles, un « momentum » unique en Europe. Le gouvernement bruxellois qui sortira des urnes après le 26 mai peut ĂŞtre le plus Ă  gauche et le plus ouvert Ă  ce cosmopolitisme qui m’est cher par rapport Ă  tout ce qu’on a connu dans le passĂ©. Contrairement au PTB, parti monolithique dans la tradition lĂ©niniste, Ecolo est un parti traversĂ© de multiples sensibilitĂ©s, qui constituent en mĂŞme temps sa fragilitĂ© et sa richesse. J’espère que celle dont je me sens proche, incarnĂ©e par des personnalitĂ©s comme Philippe Lamberts et ZoĂ© Genot, deux figures très populaires auprès de la nouvelle gĂ©nĂ©ration verte, saura pousser ce parti Ă  mieux assumer son rĂ©formisme radical. C’est un pari, bien sĂ»r, mais il faut le prendre car l’occasion ne se reprĂ©sentera pas de sitĂ´t. 

 

8 | Bruxelles : le momentum vert

5 MAI 2019

 

Je lis ici ou lĂ  des appels individuels ou collectifs Ă  voter PS, PTB ou Ecolo. Tous font Ă©tat d’excellentes raisons qui me parlent. J’ai souvent beaucoup en commun avec les signataires de ces appels. Et notamment ceci : nous ne donnons pas un blanc-seing, nous faisons un choix de raison.
Ma dĂ©marche est un peu diffĂ©rente : je n’appelle pas seulement Ă  voter Ecolo, je suis sur une liste Ecolo. C'est un cran plus loin que la simple signature d’un appel. Je fais campagne pour ĂŞtre Ă©lu. En passant, cela signale une diffĂ©rence entre ce parti et les deux autres. Ma prĂ©sence sur la liste bruxelloise d’Ecolo ne me transformera jamais en bon petit soldat du parti. La loyautĂ© n'exclut pas le sens critique. Ecolo m’a pris et m’accepte avec les accents particuliers que je donne Ă  ma campagne. Ces accents – marquĂ©s Ă  gauche et portĂ©s Ă  la valorisation d’un peuple bruxellois cosmopolite – sont bien sĂ»r compatibles avec le programme gĂ©nĂ©ral d’Ecolo qui me convient. Mais ils colorent ce programme de mes propres accents. Ça dit quelque chose de la culture dĂ©mocratique de ce parti. Je ne crois pas que c’eut Ă©tĂ© possible dans d’autres formations.
Mais ceci est accessoire. Mon engagement, Ă  l’étĂ© 2018, est la consĂ©quence d'un momentum bruxellois que, comme analyste politique, je pressentais et qui s’est trouvĂ© confirmĂ© au-delĂ  de mes espĂ©rances par les rĂ©sultats des Ă©lections communales d’octobre et par les derniers sondages. Ce momentum se caractĂ©rise par :
- Un tassement prévisible du Parti socialiste qui n'arrive plus à cadenasser comme hier son électorat populaire bruxellois. Ce tassement profite largement au PTB qui effectue une belle percée.
- Un tassement simultanĂ© et nettement moins prĂ©visible dans de telles proportions des partis du centre et de droite : MR, DĂ©fi, CDH. Ce tassement, dont Ecolo est le grand bĂ©nĂ©ficiaire, indique une mutation profonde de la sociologie bruxelloise. La bourgeoisie traditionnelle – professions libĂ©rales, cadres supĂ©rieurs – vieillit et a massivement dĂ©mĂ©nagĂ© hors des 19 communes pour laisser la place Ă  une population jeune d'intellectuels prĂ©caires attirĂ©e par les aventures urbaines et particulièrement sensible aux droit humains, aux inĂ©galitĂ©s dans divers registres et Ă  l'expĂ©rimentation sociale. 
- Les offres politiques de droite dure ou d'extrême droite font un flop. La population bruxelloise se révèle définitivement peu perméable à des idées qui rencontrent pourtant du succès partout ailleurs.
Ainsi s
e dessinent à Bruxelles les contours d'un nouveau "bloc historique" qui pourrait rassembler autour d'un même projet de ville les classes populaires – qui à Bruxelles sont massivement d'origine immigrée – et les nouvelles classes moyennes urbaines, dont une partie croissante est d'ailleurs aussi d'origine immigrée et de culture musulmane.

Dans la prospective électorale, cela se traduit par un très net déplacement vers la gauche du centre de gravité politique. Pour que cet essai puisse se traduire sur le terrain politique, il importe qu'Ecolo, qui se retrouve au cœur de cette mutation, gagne le leadership au sein de la gauche bruxelloise. Il est temps que le PS en rabatte de ses comportements hégémoniques qui lui font truster toutes les positions de pouvoir dans notre ville.
Si celle-ci se réveillait demain avec une Ministre-présidente issue de l'immigration ouvrière marocaine, le retentissement sera énorme, ne fut-ce que sur le plan symbolique. Pour le reste, c'est un pari. Mais jamais les conditions n'ont été aussi favorables pour le tenter et le réussir.

 


 

 

7 | Quelle TVA sur l'électricité ?

23 AVRIL 2019

 

Depuis dĂ©jĂ  des annĂ©es, cette question divise la gauche politique : faut-il ramener la TVA sur l’électricitĂ© de 21 Ă  6 % ? Cette revendication fut et est toujours fortement soutenue Ă  la fois par le PS et le PTB, mais pas par Ecolo. Ce qui vaut aujourd’hui au parti vert d’être Ă©pinglĂ© par ses concurrents de gauche : le refus d’Ecolo de souscrire Ă  une telle mesure dĂ©montrerait bien son insensibilitĂ© Ă  la question sociale.
Il y a pourtant du beau monde, en dehors d’Ecolo, pour penser le contraire. Ainsi, lorsque, le

29 novembre 2013, le gouvernement Di Rupo procĂ©da Ă  une telle diminution [1], le Mouvement ouvrier chrĂ©tien publia un communiquĂ© expliquant pourquoi cette diminution Ă©tait "une fausse bonne idĂ©e". 

Extraits :
"Cette mesure va peser lourdement sur le budget de l’État. […] On Ă©voque un coĂ»t global de 500 millions d’euros pour la collectivitĂ©. Il s’agit lĂ  d’une perte de recettes consĂ©quente alors que le gouvernement effectue des coupes budgĂ©taires sĂ©vères dans toute une sĂ©rie de secteurs et que l’on Ă©voque encore un effort de l’ordre de 8 milliards d’euros pour 2015."

"Étant donnĂ© que la consommation d’électricitĂ© augmente avec le revenu, cette mesure est profondĂ©ment injuste car elle va bĂ©nĂ©ficier essentiellement aux mĂ©nages les plus aisĂ©s. L’Institut pour un dĂ©veloppement durable l’a bien dĂ©montrĂ© : les 20 % de mĂ©nages les plus pauvres Ă©conomiseraient 75 euros par an contre près du double pour les 20 % de mĂ©nages les plus riches."
"Cette baisse de la TVA constitue un très mauvais signal en termes de consommation responsable de l’électricité dans un cadre de renchérissement continu de l’énergie.

En rĂ©sumĂ© : cette mesure n’est pas une mesure sociale, car elle profite plus aux gros consommateurs qu’aux petits. Elle n’est pas non plus une mesure Ă©cologiste, car elle encourage les gaspillages qu'elle rend moins coĂ»teux. Et c’est une mesure libĂ©rale, puisqu’elle finance un avantage individuel indiffĂ©renciĂ© par une diminution des recettes publiques. L’électricitĂ©, un bien de première nĂ©cessité ? Oui, pour une première tranche de kilowattheures consommĂ©s, dont personne ne pourrait dĂ©cemment se passer. Au-delĂ , il s’agit d’un produit de luxe, dont la consommation doit ĂŞtre dĂ©couragĂ©e.
Pour répondre à ces exigences qui peuvent sembler contradictoires, il faut plaider "
pour une logique tarifaire qui permette Ă  tous une consommation de base Ă  bas prix, et qui s’accompagne d’une augmentation progressive des tarifs au fur et Ă  mesure que les quantitĂ©s consommĂ©es sont plus Ă©levĂ©es", comme l'ont rappelĂ©, avec d’autres, Thierry Bodson (FGTB wallonne), Marc Becker (CSC wallonne), Ariane Estenne (prĂ©sidente du MOC) et Christine Mahy (RĂ©seau wallon de lutte contre la pauvretĂ©) dans  Le Soir (12 avril 2019) Les signataires ajoutaient : "Il conviendra d’accompagner et de soutenir par ailleurs les mĂ©nages Ă  faibles revenus qui ont des consommations Ă©levĂ©es dues Ă  la mĂ©diocre qualitĂ© de leur logement ou de leurs Ă©quipements. C’est pourquoi cette politique tarifaire doit s’accompagner d’une politique de rĂ©novation du parc de logements en priorisant les logements les moins bien isolĂ©s." La TVA perçue pourrait notamment y contribuer.
Avec ses allures démagogiques de cadeau fiscal aux démunis, cette revendication me semble à la fois socialement et climatiquement irresponsable. Il faut un fameux culot pour en faire une mesure emblématique « de gauche ».



[1] Celle-ci fut d’application jusqu’au 1erseptembre 2015.

 

6 | Ecolo = bobo !

15 AVRIL 2019


Voici le hit parade lexical du bashing auquel Ecolo est soumis depuis que la perspective de son possible succès électoral donne des boutons à la concurrence.
De droite :
- Ecolo, c'est un parti pastèque : vert dehors, rouge dedans. [Oui, à de nombreux égards, Ecolo partage l'héritage des luttes d'émancipation qu'on associe souvent à la gauche. Aucune honte à avoir, au contraire.]
- Ecolo, c'est de l'Ă©cologie punitive. Nouvelles taxes Ă  tous les Ă©tages. D'ailleurs, le mot "taxe" se retrouve 492 fois dans son programme. [N'importe quoi.]
 De gauche :
- Voter Ecolo, c'est voter MR, car ils s'allieront après les Ă©lections. [Aux niveaux bruxellois, wallon et de la CommunautĂ© française, il n'y a pas le moindre risque d'une telle alliance. Au niveau fĂ©dĂ©ral, le premier objectif de tous les progressistes, ce sera d'Ă©viter un nouveau gouvernement Michel II qui est la première option des libĂ©raux et de la N-VA.

- Ecolo = bobo. Ecologie bisounours, s'intĂ©resse plus aux abeilles et aux petites fleurs qu'aux ĂŞtres humains. Questions sociales, milieux populaires ? ConnaĂ®t pas. 
Les lignes qui suivent sont à l'intention des personnes qui s'amusent à colporter ce cliché.
Vendredi matin. Avec quelques candidats de la liste, on se retrouve chez Bouchra (prĂ©nom d'emprunt, comme les autres prĂ©noms utilisĂ©s). Elle est professeur de religion islamique en quartier populaire (car c'est surtout lĂ  qu'habitent nos concitoyen·ne·s musulman·e·s) et a rĂ©uni quelques collègues pour nous interpeller sur le projet de suppression des cours de religion que le PS, entre autres, a mis Ă  son programme. Ce n'est pas le point de vue d'Ecolo. On convient que, quand il s'agit d'Ă©mancipation, le paternalisme est une plaie. On ne sort pas de lĂ  avec un accord sur tout – le cours de citoyennetĂ© fait notamment dĂ©bat – mais avec l'engagement d'une Ă©valuation oĂą toutes les parties seront Ă©coutĂ©es. Y compris celles qu'on ne consulte presque jamais. 
Vendredi soir. On est invité en bordure du canal par Rachida, Inès et tout un groupe de mères séparées qui viennent de gagner une bataille : le plafond des revenus pour avoir droit à l'intervention du Secal (le service des créances alimentaires, qui intervient quand le conjoint est défaillant) a été relevé. Elles ont souhaité poursuivre sur cette lancée en sensibilisant des élus progressistes à leur situation. Bonne délégation d'Ecolo, pourtant non concertée, venue écouter et apprendre. En off, Rachida nous dira qu'elle ne s'attendait pas à recevoir un tel soutien de la part d'un parti nommé Ecolo – un intitulé dont on a bien dû mesurer le malentendu qu'il génère en milieu populaire.
Dimanche après-midi. Une association d'Afro-descendants qui s'occupe d'Ă©cologie urbaine veut nous rencontrer. Surprise pour elle : un parti qui s'appelle Ecolo ne se prĂ©occupe pas seulement d'environnement. On parlera bien sĂ»r de mobilitĂ© et de transition – les voitures Ă©lectriques en ont pris un coup – mais, finalement, on aura autant parlĂ© de migration que de notre supposĂ© core business monothĂ©matique
Avis Ă  la cantonade : les Ă©colos que je rencontre et avec qui je fais campagne sont des femmes et des hommes 
que les questions sociales mobilisent au premier chef et qui le démontrent chaque jour. Alors "Ecolo = bobo", vous repasserez.

5 | Vous avez dit "pouvoir d'achat" ?

6 AVRIL 2019


Le pouvoir d’achat revient en force dans le dĂ©bat politique. Pour ma part, je n’utilise jamais cette expression, la trouvant trop ambiguĂ«. Le simple fait que sa dĂ©fense soit simultanĂ©ment revendiquĂ©e par une FGTB très remontĂ©e, Ă  juste titre, contre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et par Charles Michel lui-mĂŞme, qui en avait fait un des trois objectifs de son gouvernement bis sans la N-VA, devrait Ă©veiller quelques soupçons.

Il y a deux pistes pour amĂ©liorer le pouvoir d’achat. La première : on augmente les salaires et les allocations sociales. La seconde : on diminue les taxes et les impĂ´ts. Cette dernière piste s’adresse directement Ă  l’État Ă  qui il est demandĂ© de "diminuer la pression fiscale" pour prĂ©server les revenus individuels. C’était la demande initiale des gilets jaunes en France Ă  propos d’une taxe sur le carburant. Si elle fut aisĂ©ment satisfaite, c’est qu’elle entrait en rĂ©sonance avec les politiques libĂ©rales pour qui le maintien du pouvoir d’achat ne peut ĂŞtre financĂ© que par une cure d’amaigrissement de l’État, des services publics et de la sĂ©curitĂ© sociale, c’est-Ă -dire sans mettre les plus hauts revenus Ă  contribution.

Pour les organisations sociales et les partis de gauche qui utilisent la rhĂ©torique du pouvoir d’achat, la philosophie est diffĂ©rente : il s’agit plutĂ´t de restaurer la part des salaires et des allocations sociales qui a sensiblement reculĂ© Ă  l’avantage des profits dans la rĂ©partition du revenu national. Pourtant, l’usage d’une terminologie aussi ambiguĂ« n’est pas neutre. L’insistance sur le  pouvoir d’achat  suggère que le bien-ĂŞtre se mesure Ă  ce qu’on est capable d’acheter. Elle nous renvoie ainsi aux illusions consumĂ©ristes d’une pĂ©riode rĂ©volue, illusions que le monde du travail avait longtemps partagĂ©es avant l’émergence de la critique Ă©cologiste. Or, notre bien-ĂŞtre ne dĂ©pend-il pas largement de l’existence de services publics bien financĂ©s, donc peu coĂ»teux, voire gratuits, et rĂ©ellement universels – dans l’enseignement, la santĂ©, la mobilitĂ©, la culture ? N’est-ce pas la rĂ©gression de ces services publics, en volume et en qualitĂ©, qui oblige les particuliers Ă  se procurer sur le marchĂ© ce que les services publics ne fournissent plus complètement ? Par ailleurs, le bien-ĂŞtre ne se mesure-t-il pas aussi Ă  la qualitĂ© de l’air, Ă  la beautĂ© des paysages, Ă  la saveur des aliments qu’une transition Ă©cologique sous-financĂ©e n’arrive pas Ă  prĂ©server, ainsi qu’au temps libĂ©rĂ©, notamment via la rĂ©duction du temps de travail ?

Les ambiguïtés qu’a charrié à ses débuts le mouvement des gilets jaunes – et qui lui a valu des soutiens à la fois à gauche et à droite du spectre politique – sont les mêmes que celles qui sont attachées à la notion de pouvoir d’achat. S’il ne saurait être question de faire payer la transition écologique aux plus démuni·e·s, c’est une illusion de croire que tout pourra continuer comme avant, à l’exception du 1% de super-riches. L’obligation de faire diminuer notre empreinte écologique qui épuise les ressources naturelles et de réduire, dans ce but, les productions inutiles et les activités polluantes aura des effets sur le mode de vie de toute la population. Il reviendra aux politiques publiques de faire en sorte que cette transition écologique apporte plus de qualité de vie à la majorité d’entre nous et que cette exigence se traduise par plus de justice sociale et fiscale.

 

 

 

4 | Justice sociale, justice environnementale…

26 MARS 2019


Cela m’a sautĂ© aux yeux en rentrant de la manifestation antiraciste du dimanche 24 mars. Une manifestation jeune, enthousiaste et colorĂ©e. Mais ces jeunes-lĂ  ne venaient pas des mĂŞmes quartiers, ne sortaient pas des mĂŞmes Ă©coles que ces autres jeunes qui manifestent pour le climat. MĂŞme constat Ă  l’échelle planĂ©taire : la cause climatique ne fait pas recette en Afrique, et mĂŞme pas non plus en Europe du sud. Greta Thurnberg est suĂ©doise. Pas tunisienne, congolaise ou portugaise.

ĂŠtre sensible Ă  la crise climatique n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde. C’est une urgence absolue, mais celle-ci n’est pas Ă©vidente pour des jeunes dont la mère fait des mĂ©nages et dont le père est chĂ´meur, qui ne partent pas en vacances et ne mangent pas bio parce que c’est trop cher. Quand la prĂ©caritĂ© mine votre quotidien et bouche votre avenir, vous ne voyez pas ce que des revendications climatiques très gĂ©nĂ©rales pourraient y changer. 

Or, la carte des inégalités sociales se superpose exactement à celle des inégalités environnementales. À Bruxelles, il en est ainsi depuis des siècles. Quand les premières entreprises se sont installées dans la vallée de la Senne, les ouvriers furent logés sur la rive gauche plate et marécageuse, à proximité de leur lieu de travail, tandis que les bourgeois montaient vers le haut de la ville pour se mettre à l’abri des fumées et des mauvaises odeurs. Aujourd’hui, c’est toujours dans les quartiers populaires que se concentrent les nuisances environnementales, que la pollution de l’air est la plus préoccupante à la sortie des écoles, que les espaces verts, publics et privés, sont les plus réduits. Les personnes qui y vivent auraient encore plus de raisons que d’autres d’être préoccupées par les questions d’environnement.
Pour prendre au sĂ©rieux le beau mot d’ordre qui commence Ă  s’imposer "Pas de justice environnementale sans justice sociale" et vice-versa, il faudra faire en sorte que ces deux exigences ne se tournent pas le dos, en Ă©tant chacune portĂ©e par deux segments diffĂ©rents de notre population qui s’ignorent. Que les travaux d’un nouveau mĂ©tro annoncĂ©, dont on nous dit qu’il serait justifiĂ© pour lutter contre la congestion automobile – je n’en suis pas convaincu, mais soit… –, ne massacrent pas durablement des quartiers populaires dĂ©jĂ  fragilisĂ©s par la spĂ©culation immobilière. Que les travaux d’assainissement autour de la zone du canal ne servent pas de prĂ©texte Ă  changer la composition de la population au profit des classes aisĂ©es – c’est malheureusement dĂ©jĂ  le cas. Ou, pour changer d’échelle, qu’une baisse de la TVA sur l’électricitĂ©, justifiĂ©e socialement pour une consommation de base dont personne ne pourrait se passer, ne s’applique pas de manière dĂ©magogique Ă  toutes les consommations Ă©lectriques, y compris les plus gaspilleuses alors que la diminution de la consommation globale d’énergie doit ĂŞtre un objectif de toute politique climatique.  
Justice sociale, justice environnementale : la poursuite simultanĂ©e de ces deux objectifs doit ĂŞtre au centre de l’écologie progressiste qui, je l’espère, donnera le ton dans la prochaine lĂ©gislature bruxelloise.



3 | Vous avez dit "candidat d'ouverture" ?!

20 MARS 2019


"Ne dites pas Ă  ma mère que je suis candidat d’ouverture, elle me croit pianiste dans un bordel". J’exagère Ă  peine. Depuis quelques jours, on assiste Ă  une inflation de "candidats d’ouverture" que d’acerbes commentateurs brocardent comme des "attrape-voix", comme on aurait dit des "attrape-mouches". D’accord avec eux : ce racolage frĂ©nĂ©tique en dit long sur le vent de panique qui souffle sur le petit cĂ©nacle d’installĂ©s qui squatte le service public de la politique. Publifin, le Samusocial et le Kazakhgate sont passĂ©s par lĂ . Relevons la propension de certains partis, plutĂ´t de droite, Ă  recruter des prĂ©sentateurs et des prĂ©sentatrices de tĂ©lĂ©vision dont le visage est très connu et les idĂ©es pas du tout. Au-delĂ  de leur Ă©locution châtiĂ©e et de leur look Ă©tudiĂ©, on ne voit pas en quoi ces personnages apportent une quelconque plus-value de fond aux partis qui les recrutent. "Attrape-voix", on disait. 

Je fais partie de la dizaine de candidats d’ouverture présentés sur les listes Ecolo à Bruxelles. Pour Ecolo, il s’agit d’élargir la palette des personnalités et des parcours au-delà du périmètre de ses propres membres encartés. Aucun attrape-voix dans le lot. Cette ouverture est sans doute plus naturelle à Ecolo que dans d’autres partis, étant donné que ses règles internes (rétrocession d’une part importante des rémunérations, limitation des mandats dans le temps) favorisent les aller-retour entre la société civile et la fonction politique, en réduisant la fracture souvent béante qui sépare ces deux mondes.
ĂŠtre candidat d’ouverture, ça fait quelle diffĂ©rence ? Les membres d’Ecolo ont eu la possibilitĂ© de peser sur le programme de leur parti. Les candidats d’ouverture ne l’ont pas eu. Leur engagement est de l’ordre du contrat. Ecolo leur offre la possibilitĂ© d’inscrire leurs propres prioritĂ©s dans le cadre gĂ©nĂ©ral de son action. (Les miennes sont exposĂ©es sur ce site.) En Ă©change, ils reconnaissent que, de tous les partis en lice, c’est Ecolo qui rencontre le mieux leurs propres prĂ©occupations, mĂŞme si elles ne coĂŻncident pas complètement. Ces petites diffĂ©rences leur permettent aussi d’inflĂ©chir les positions d’Ecolo Ă  la mesure du soutien que les Ă©lecteurs leur apporteront. Pour ma part, c’est, de très loin, dans l’offre politique, celle qui se rapproche le plus de mes idĂ©es et de ma conception de l’action politique. 

Il y a une autre raison Ă  mon engagement : aujourd’hui, Ecolo est vraiment "au cĹ“ur du changement". Rarement un slogan de campagne ne m’aura semblĂ© aussi juste. Pour des raisons politiques, mais aussi sociologiques, dĂ©mographiques et culturelles, c’est bien aujourd’hui autour d’Ecolo que se rassemblent les forces vives Ă©mergentes qui peuvent faire bouger la sociĂ©tĂ© dans le sens d’un avenir dĂ©sirable. C’est une aventure collective que j’avais envie de partager, ici et maintenant.

 

 

2 | De Christchurch Ă  Bruxelles

15 MARS 2019


14 mars 2019 : attentat islamophobe dans deux mosquées à Christchurch, Nouvelle-Zélande. 50 morts.
27 octobre 2018 : attentat antisémite dans une synagogue à Pittsburgh, États-Unis. 11 morts.
Les auteurs de ces massacres se ressemblent : des "suprémacistes" blancs pétris des discours délirants de l'extrême droite qui se sentiraient menacés par la présence pacifique de personnes venues d'ailleurs, elles-mêmes, leurs parents ou leurs grands-parents. Horreur et compassion.
Mais le parallèle entre Pittsburgh et Christchurch a quelque chose de salutaire : les Juifs et les musulmans, qu'on persiste si souvent Ă  opposer dans une dĂ©sastreuse concurrence des victimes – notamment Ă  cause de la tragĂ©die 
que vit le peuple palestinien du fait d'un État qui prétend agir au nom de tous les Juifs du monde sans demander leur avis – se retrouvent unis par le drame que certains des leurs vivent aujourd'hui ou ont vécu hier. C'est vrai pour les crimes de masse comme pour le petit racisme quotidien, celui des tags antisémites et des brutalités contre les musulmanes voilées.

Je sais que, du côté musulman, certains ont des réticences à nommer l'antisémitisme, tant celui-ci a été brandi jusqu'à plus soif pour faire taire les critiques visant Israël. Je sais aussi que, du côté juif, certains refusent même d'utiliser le mot "islamophobie", considérant que le simple usage de ce terme serait une concession aux salafistes. Je le sais. Mais c'est rarement le cas en Belgique. Dans la mouvance antiraciste belge, on ne trie pas entre les victimes. Et les organisations de minorités – qu'elles soient juive, arabo-musulmane ou afrodescendante – ne se contentent pas de dénoncer la barbarie qui les vise chacune séparément. Ici, la solidarité entre les diverses victimes potentielles du racisme fait chaud au cœur. Elle s'exprimera encore le dimanche 24 mars dans les rues de Bruxelles.
Il paraît que l'auteur de la tuerie de Christchurch se réclame de la "théorie" du grand remplacement : un complot (?) viserait à remplacer les peuples blancs par des peuples basanés par le biais d'une immigration incontrôlée. Je le relevais déjà dans mon acte de candidature : à Bruxelles-la-cosmopolite, ce "grand remplacement" a déjà eu lieu, et cette ville multiculturelle est devenue un modèle, bien sûr perfectible, d'un vivre-ensemble respectueux qui nous enrichit tous et toutes. Pour rappel : sur les 695 conseillers communaux intronisés en octobre, pas un seul d'extrême droite.

Cette ville, ma ville, résistera au racisme.

C'est aussi pour cette raison que je l'aime et m'y sens bien.


Les jeunes de l'Union des progressistes juifs de Belgique manifestent contre le racisme, 24 mars 2018.

 

 

1 | Les Ă©trangers votent Ă  Anvers.

Pourquoi pas Ă  Bruxelles ?

9 MARS 2019


Les experts ont tranchĂ© : le droit de vote des Ă©trangers aux Ă©lections rĂ©gionales bruxelloises est impossible dans le cadre constitutionnel actuel. Cette demande est portĂ©e depuis des mois par les militants de 1bru1vote avec des arguments dĂ©mocratiques imparables. Mais, pour le constitutionnaliste de l'UCL Marc Verdussen, il n'y aurait que deux pistes : "Soit on rĂ©vise la Constitution pour insĂ©rer une dĂ©rogation Ă  la condition de nationalitĂ© belge pour les Ă©lections rĂ©gionales. Soit on modifie le droit europĂ©en." (Le Soir, 9 mars 2019). On peut oublier la deuxième piste, Ă©tant donnĂ© le climat actuel qui prĂ©vaut dans l'Union europĂ©enne Ă  l'Ă©gard des Ă©trangers. Quant Ă  une rĂ©vision constitutionnelle, elle n'est pas Ă  l'agenda et ferait l'objet de tels marchandages qu'il serait bien prĂ©somptueux aujourd'hui d'en espĂ©rer plus de bien que de mal.
Mais d'oĂą vient en rĂ©alitĂ© le problème ? Bruxelles n'est devenue une RĂ©gion… que parce qu'elle n'est pas considĂ©rĂ©e comme une ville, mais encore toujours comme un agglomĂ©rat disparate de 19 communes. Celles-ci portent la mĂ©moire des anciens villages sĂ©parĂ©s les uns des autres par de la campagne. Mais depuis longtemps dĂ©jĂ , ceux-ci se sont fondus dans une rĂ©alitĂ© qui les dĂ©passe largement. Les fusions de communes qui ont opĂ©rĂ© sur tout le territoire entre 1977 et 1983 ont permis de faire mieux correspondre la rĂ©alitĂ© administrative avec la rĂ©alitĂ© morphologique des espaces bâtis. Partout… sauf Ă  Bruxelles. RĂ©sultat : la capitale officielle de la Belgique, avec ses 
183 000 habitants, n'est que la cinquième ville du pays, loin derrière Anvers (521 000), Gand (255 000), Liège et Charleroi (200 000). 

Le maintien d'une dénommée "Ville de Bruxelles" au cœur de la véritable Ville de Bruxelles sept fois plus peuplée pose des tas de problèmes à son organisation. Elle ajoute aux difficultés vécues par toutes les métropoles une couche supplémentaire dont elle se serait bien passée.

(Pour un argumentaire complet, voir Demain Bruxsels.)

Mais cette situation a un effet particulier sur la question démocratique évoquée à juste titre par 1bru1vote. Tant le traité de Maastricht (1992) pour le niveau européen que la loi belge (2004) ont estimé que les élections locales devaient être ouvertes aux résidents étrangers. Et "le local", cela englobe en premier lieu les villes où vit désormais la plus grande partie de la population. Ainsi, en octobre 2018, les résidents étrangers ont pu participer à l'élection de Bart De Wever à Anvers ou de Paul Magnette à Charleroi. Logique : ils paient leurs impôts et ont bien le droit de donner leur avis sur la manière dont ils sont utilisés. Partout… sauf à Bruxelles où, pourtant, leur nombre est proportionnellement plus important que partout ailleurs. Là, ces résidents ont pu voter au niveau de leur ancien village, mais pas au niveau de la ville puisque celle-ci, administrativement, n'existe pas. Et ils ne pourront pas voter pour la Région, selon l'avis bien étayé de Marc Verdussen.
Bruxelles est une Ville-RĂ©gion. Comme le sont Vienne, Berlin, BrĂŞme ou Hambourg. Elle devrait pouvoir absorber toutes les compĂ©tences Ă  la fois locales et rĂ©gionales. Le surrĂ©alisme institutionnel belge l'interdit. Mais on pourrait dĂ©jĂ  s'en approcher en fusionnant les communes bruxelloises, tout en maintenant au niveau des actuelles communes tout ce qui doit relever de la proximitĂ©. Cette dĂ©cision dĂ©pend du Parlement bruxellois et de lui seul. Ainsi, les rĂ©sidents Ă©trangers pourraient voter au niveau de toute la ville, comme le demande 1Bru1vote. Ce n'est assurĂ©ment pas la seule raison de vouloir la fusion. Mais c'est une de plus.