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LE SITE D'HENRI GOLDMAN

POUR UNE GAUCHE VERTE DANS UNE VILLE COSMOPOLITE


 

3 | Vous avez dit "candidat d'ouverture" ?!

20 MARS 2019


"Ne dites pas à ma mère que je suis candidat d’ouverture, elle me croit pianiste dans un bordel". J’exagère à peine. Depuis quelques jours, on assiste à une inflation de "candidats d’ouverture" que d’acerbes commentateurs brocardent comme des "attrape-voix", comme on aurait dit des "attrape-mouches". D’accord avec eux : ce racolage frénétique en dit long sur le vent de panique qui souffle sur le petit cénacle d’installés qui squatte le service public de la politique. Publifin, le Samusocial et le Kazakhgate sont passés par là. Relevons la propension de certains partis, plutôt de droite, à recruter des présentateurs et des présentatrices de télévision dont le visage est très connu et les idées pas du tout. Au-delà de leur élocution châtiée et de leur look étudié, on ne voit pas en quoi ces personnages apportent une quelconque plus-value de fond aux partis qui les recrutent. "Attrape-voix", on disait. 

Je fais partie de la dizaine de candidats d’ouverture présentés sur les listes Ecolo à Bruxelles. Pour Ecolo, il s’agit d’élargir la palette des personnalités et des parcours au-delà du périmètre de ses propres membres encartés. Aucun attrape-voix dans le lot. Cette ouverture est sans doute plus naturelle à Ecolo que dans d’autres partis, étant donné que ses règles internes (rétrocession d’une part importante des rémunérations, limitation des mandats dans le temps) favorisent les aller-retour entre la société civile et la fonction politique, en réduisant la fracture souvent béante qui sépare ces deux mondes.
Être candidat d’ouverture, ça fait quelle différence ? Les membres d’Ecolo ont eu la possibilité de peser sur le programme de leur parti. Les candidats d’ouverture ne l’ont pas eu. Leur engagement est de l’ordre du contrat. Ecolo leur offre la possibilité d’inscrire leurs propres priorités dans le cadre général de son action. (Les miennes sont exposées sur ce site.) En échange, ils reconnaissent que, de tous les partis en lice, c’est Ecolo qui rencontre le mieux leurs propres préoccupations, même si elles ne coïncident pas complètement. Ces petites différences leur permettent aussi d’infléchir les positions d’Ecolo à la mesure du soutien que les électeurs leur apporteront. Pour ma part, c’est, de très loin, dans l’offre politique, celle qui se rapproche le plus de mes idées et de ma conception de l’action politique. 

Il y a une autre raison à mon engagement : aujourd’hui, Ecolo est vraiment "au cœur du changement". Rarement un slogan de campagne ne m’aura semblé aussi juste. Pour des raisons politiques, mais aussi sociologiques, démographiques et culturelles, c’est bien aujourd’hui autour d’Ecolo que se rassemblent les forces vives émergentes qui peuvent faire bouger la société dans le sens d’un avenir désirable. C’est une aventure collective que j’avais envie de partager, ici et maintenant.

 

 

2 | De Christchurch à Bruxelles

15 MARS 2019


14 mars 2019 : attentat islamophobe dans deux mosquées à Christchurch, Nouvelle-Zélande. 50 morts.
27 octobre 2018 : attentat antisémite dans une synagogue à Pittsburgh, États-Unis. 11 morts.
Les auteurs de ces massacres se ressemblent : des "suprémacistes" blancs pétris des discours délirants de l'extrême droite qui se sentiraient menacés par la présence pacifique de personnes venues d'ailleurs, elles-mêmes, leurs parents ou leurs grands-parents. Horreur et compassion.
Mais le parallèle entre Pittsburgh et Christchurch a quelque chose de salutaire : les Juifs et les musulmans, qu'on persiste si souvent à opposer dans une désastreuse concurrence des victimes – notamment à cause de la tragédie 
que vit le peuple palestinien du fait d'un État qui prétend agir au nom de tous les Juifs du monde sans demander leur avis – se retrouvent unis par le drame que certains des leurs vivent aujourd'hui ou ont vécu hier. C'est vrai pour les crimes de masse comme pour le petit racisme quotidien, celui des tags antisémites et des brutalités contre les musulmanes voilées.

Je sais que, du côté musulman, certains ont des réticences à nommer l'antisémitisme, tant celui-ci a été brandi jusqu'à plus soif pour faire taire les critiques visant Israël. Je sais aussi que, du côté juif, certains refusent même d'utiliser le mot "islamophobie", considérant que le simple usage de ce terme serait une concession aux salafistes. Je le sais. Mais c'est rarement le cas en Belgique. Dans la mouvance antiraciste belge, on ne trie pas entre les victimes. Et les organisations de minorités – qu'elles soient juive, arabo-musulmane ou afrodescendante – ne se contentent pas de dénoncer la barbarie qui les vise chacune séparément. Ici, la solidarité entre les diverses victimes potentielles du racisme fait chaud au cœur. Elle s'exprimera encore le dimanche 24 mars dans les rues de Bruxelles.
Il paraît que l'auteur de la tuerie de Christchurch se réclame de la "théorie" du grand remplacement : un complot (?) viserait à remplacer les peuples blancs par des peuples basanés par le biais d'une immigration incontrôlée. Je le relevais déjà dans mon acte de candidature : à Bruxelles-la-cosmopolite, ce "grand remplacement" a déjà eu lieu, et cette ville multiculturelle est devenue un modèle, bien sûr perfectible, d'un vivre-ensemble respectueux qui nous enrichit tous et toutes. Pour rappel : sur les 695 conseillers communaux intronisés en octobre, pas un seul d'extrême droite.

Cette ville, ma ville, résistera au racisme.

C'est aussi pour cette raison que je l'aime et m'y sens bien.


Les jeunes de l'Union des progressistes juifs de Belgique manifestent contre le racisme, 24 mars 2018.

 

 

1 | Les étrangers votent à Anvers.

Pourquoi pas à Bruxelles ?

9 MARS 2019


Les experts ont tranché : le droit de vote des étrangers aux élections régionales bruxelloises est impossible dans le cadre constitutionnel actuel. Cette demande est portée depuis des mois par les militants de 1bru1vote avec des arguments démocratiques imparables. Mais, pour le constitutionnaliste de l'UCL Marc Verdussen, il n'y aurait que deux pistes : "Soit on révise la Constitution pour insérer une dérogation à la condition de nationalité belge pour les élections régionales. Soit on modifie le droit européen." (Le Soir, 9 mars 2019). On peut oublier la deuxième piste, étant donné le climat actuel qui prévaut dans l'Union européenne à l'égard des étrangers. Quant à une révision constitutionnelle, elle n'est pas à l'agenda et ferait l'objet de tels marchandages qu'il serait bien présomptueux aujourd'hui d'en espérer plus de bien que de mal.
Mais d'où vient en réalité le problème ? Bruxelles n'est devenue une Région… que parce qu'elle n'est pas considérée comme une ville, mais encore toujours comme un agglomérat disparate de 19 communes. Celles-ci portent la mémoire des anciens villages séparés les uns des autres par de la campagne. Mais depuis longtemps déjà, ceux-ci se sont fondus dans une réalité qui les dépasse largement. Les fusions de communes qui ont opéré sur tout le territoire entre 1977 et 1983 ont permis de faire mieux correspondre la réalité administrative avec la réalité morphologique des espaces bâtis. Partout… sauf à Bruxelles. Résultat : la capitale officielle de la Belgique, avec ses 
183 000 habitants, n'est que la cinquième ville du pays, loin derrière Anvers (521 000), Gand (255 000), Liège et Charleroi (200 000). 

Le maintien d'une dénommée "Ville de Bruxelles" au cœur de la véritable Ville de Bruxelles sept fois plus peuplée pose des tas de problèmes à son organisation. Elle ajoute aux difficultés vécues par toutes les métropoles une couche supplémentaire dont elle se serait bien passée.

(Pour un argumentaire complet, voir Demain Bruxsels.)

Mais cette situation a un effet particulier sur la question démocratique évoquée à juste titre par 1bru1vote. Tant le traité de Maastricht (1992) pour le niveau européen que la loi belge (2004) ont estimé que les élections locales devaient être ouvertes aux résidents étrangers. Et "le local", cela englobe en premier lieu les villes où vit désormais la plus grande partie de la population. Ainsi, en octobre 2018, les résidents étrangers ont pu participer à l'élection de Bart De Wever à Anvers ou de Paul Magnette à Charleroi. Logique : ils paient leurs impôts et ont bien le droit de donner leur avis sur la manière dont ils sont utilisés. Partout… sauf à Bruxelles où, pourtant, leur nombre est proportionnellement plus important que partout ailleurs. Là, ces résidents ont pu voter au niveau de leur ancien village, mais pas au niveau de la ville puisque celle-ci, administrativement, n'existe pas. Et ils ne pourront pas voter pour la Région, selon l'avis bien étayé de Marc Verdussen.
Bruxelles est une Ville-Région. Comme le sont Vienne, Berlin, Brême ou Hambourg. Elle devrait pouvoir absorber toutes les compétences à la fois locales et régionales. Le surréalisme institutionnel belge l'interdit. Mais on pourrait déjà s'en approcher en fusionnant les communes bruxelloises, tout en maintenant au niveau des actuelles communes tout ce qui doit relever de la proximité. Cette décision dépend du Parlement bruxellois et de lui seul. Ainsi, les résidents étrangers pourraient voter au niveau de toute la ville, comme le demande 1Bru1vote. Ce n'est assurément pas la seule raison de vouloir la fusion. Mais c'est une de plus.